En pleine enquête sur la supposée ingérence russe dans l’élection de Donald Trump, affaire dans laquelle treize individus et trois organisations russes sont mis en accusation, la Russie publie un rapport sur l’ingérence de Washington dans la présidentielle Russe. La réponse du berger à la bergère ! Serait-on bien tenté de conclure ? Mais ledit rapport n’y va pas de main molle sur les méthodes d’ingérence de Washington. Washington aurait déjà testé plusieurs méthodes d’influence sur les résultats des campagnes présidentielles russes en 1996, en 2000, en 2004, en 2008 et en 2012. Dans cette lignée, les USA comptent aussi agir pendant la présidentielle Russe du 18 mars, indique le rapport d’Andreï Manoïlo.

L’élection présidentielle du 18 mars, une « chance historique » pour faire pression sur la Russie ?

Ledit rapport rappelle également que les USA ont intensifié leur ingérence dans les affaires intérieures de la Russie depuis l’arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine

C’est du moins ce que pense le rapport. Selon le document intitulé « Invasion. L’ingérence des USA dans les élections russes pendant les campagnes présidentielles de 1996 à 2018 », le principal objectif des actions américaines consisterait à « délégitimer le processus électoral en Russie ». Ledit rapport rappelle également que les USA ont intensifié leur ingérence dans les affaires intérieures de la Russie depuis l’arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine, précisément quand la Russie a commencé à « s’identifier comme un acteur indépendant sur la scène internationale revendiquant la souveraineté concernant les questions nationales ».

L’auteur du rapport croit savoir que les USA préparent une ingérence d’envergure dans le processus électoral russe. Washington compterait utiliser un vaste éventail d’outils, parmi lesquels la désinformation, les opérations psychologiques et le financement de l’opposition, précise le rapport.

De multiples formes d’ingérence ?

L’une des principales formes d’ingérence des USA dans les affaires intérieures de la Russie citées par le rapport est la guerre médiatique, qui a un fort impact psychologique sur le grand public, souligne Andreï Manoïlo.

« Les USA utilisent activement ce mécanisme : ils choisissent la cible et l’étudient en détail, après quoi sont conçues des désinformations diffusées massivement via les médias, les réseaux sociaux, les agents, etc., explique l’auteur.

L’expert est convaincu que les USA et d’autres pays occidentaux travaillent activement avec l’opposition russe. Pour le prouver, il cite les visites de Grigori Iavlinski à l’ambassade du Royaume-Uni à Moscou, ainsi que le voyage de la candidate à la présidence Ksenia Sobtchak aux USA où, estime-t-il, elle aurait pu recevoir une certaine somme d’argent.

D’autres formes d’influence sont également citées telles que :

  • le pari sur les réseaux sociaux (VKontakte, Facebook, Twitter) et, par conséquent, l’impact sur les habitants des grandes villes et les jeunes ;
  • le pari sur la spontanéité des protestations et leur radicalisation ;
  • l’orientation sur les leaders d’opposition populaires (Alexeï Navalny, Ilia Iachine) ;
  • la substitution des notions : la transformation des problèmes de la population liés au domaine social, la santé et l’enseignement en problèmes politico-idéologiques ;
  • le recours aux grands médias (CNN, Fox News, BBC, Voice of America, Radio Free Europe) pour donner aux manifestants un sentiment d’unité avec tout le “monde démocratique”.

D’après le sénateur, plusieurs formes et tentatives d’ingérence seront mises en œuvre, mais Moscou serait prête à contrer toutes les actions illégales des pays étrangers. Il conclut en promettant que toutes les tentatives d’ingérence dans les élections russes seront divulguées sur toutes les plates-formes internationales et dévoilées au monde.

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Journaliste indépendant depuis 2015, j'apprécie fortement les voyages et la lecture. Je m'intéresse également beaucoup à l'actualité, c'est pourquoi j'ai décidé de rejoindre l'équipe de Francodiff fin 2017.

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